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Fidélisation client

Segmentation client : 6 segments simples pour mieux cibler vos offres

Par Ken Guerino7 min de lecture
Sommaire
  1. Pourquoi segmenter, même avec 200 clients ?
  2. La méthode RFM simplifiée (récence, fréquence, montant)
  3. Les 6 segments à connaître
  4. Une offre adaptée à chaque segment
  5. Mettre en place la segmentation client avec votre carte de fidélité
  6. Questions fréquentes

La segmentation client consiste à regrouper vos clients selon des points communs (date du dernier achat, fréquence de visite, montant dépensé) pour leur adresser une offre adaptée plutôt qu'un message unique. Elle s'appuie directement sur votre fichier client : plus il est à jour, plus les segments sont fiables.

Selon une enquête Ifop pour Captain Wallet relayée par RelationClientMag, 87 % des Français déclarent être inscrits à au moins un programme de fidélité en 2024 : la plupart de vos clients comparent déjà votre carte à d'autres, et un message générique pour tout le fichier risque de manquer sa cible. Ce guide propose une méthode simplifiée, six segments à connaître, et une offre type pour chacun.

En bref

  • Segmenter sa clientèle sert autant un commerce de 200 clients qu'une grande enseigne : cibler coûte le même effort que d'envoyer à tout le monde.
  • La méthode RFM classe vos clients selon trois critères : récence, fréquence, montant.
  • Six segments suffisent pour un commerce de proximité : nouveaux, réguliers, meilleurs clients, à risque, perdus, occasionnels.
  • Une carte de fidélité numérique calcule une partie de ces critères automatiquement, à chaque passage en caisse.

Pourquoi segmenter, même avec 200 clients ?

Segmenter sa clientèle sert un commerce de 200 clients presque autant qu'une enseigne nationale : le travail de tri se fait une fois, et chaque envoi suivant devient plus pertinent, sans effort supplémentaire. Ne rien segmenter revient à traiter un client venu la veille comme un client qui n'est pas revenu depuis un an.

Sur une petite base de données clients, la segmentation reste simple : un tableur ou le fichier de votre carte de fidélité suffisent pour repérer trois ou quatre groupes utiles, sans logiciel spécialisé. L'enjeu n'est pas la taille du fichier, mais la décision d'agir différemment selon le profil, plutôt que de traiter chaque client comme une ligne interchangeable parmi d'autres.

Exemple fictif : un café de quartier qui compte 220 clients dans son fichier envoie la même newsletter à tous depuis un an, avec un taux de retour faible. En triant simplement par date de dernier passage, il identifie 40 clients qui ne sont pas revenus depuis trois mois : une relance ciblée vers ce seul groupe coûte moins cher qu'une campagne générale, et parle à des gens pour qui le message est réellement utile.

La méthode RFM simplifiée (récence, fréquence, montant)

La méthode RFM classe chaque client selon trois critères mesurables dans n'importe quel fichier client : la récence de son dernier achat, la fréquence de ses visites, et le montant qu'il dépense. Combinés, ces trois axes suffisent à distinguer un client fidèle d'un client qui s'éloigne.

Axe RFM Question posée Indicateur simple
Récence Quand a-t-il acheté pour la dernière fois ? Nombre de jours ou de mois depuis le dernier achat
Fréquence À quel rythme achète-t-il ? Nombre de visites sur les 12 derniers mois
Montant Combien dépense-t-il chez vous ? Total dépensé sur 12 mois, ou nombre de tampons cumulés

Pas besoin de score sophistiqué pour commencer : un simple classement « faible / moyen / fort » sur chaque axe suffit à faire ressortir vos profils. La fréquence, en particulier, mérite l'attention : selon une étude de Kivetz, Urminsky et Zheng publiée dans le Journal of Marketing Research, dans un programme « 10 achats, 1 offert », les clients accélèrent leurs achats à mesure qu'ils approchent de la récompense, avec un intervalle entre deux achats réduit d'environ 20 % en moyenne. Un client encore fréquent mérite donc d'être traité différemment d'un client dont la fréquence baisse, même si les deux ont le même montant cumulé.

Les 6 segments à connaître

Six segments suffisent pour couvrir la quasi-totalité d'un fichier client de commerce de proximité, en croisant récence et fréquence. Chacun appelle une action différente.

  1. Nouveaux : première visite récente, historique encore court, pas assez de données pour juger de leur fidélité.
  2. Réguliers : reviennent à un rythme stable, sans être vos plus gros acheteurs.
  3. Meilleurs clients : fréquence et montant élevés ; la priorité à ne jamais négliger, même quand le temps manque.
  4. À risque : fréquence en baisse par rapport à leur propre rythme habituel, mais pas encore partis.
  5. Perdus : aucun achat depuis une durée largement supérieure à leur rythme habituel ; leur fiche rejoint aussi la question des durées de conservation des données, traitée dans Carte de fidélité et RGPD : les règles à respecter.
  6. Occasionnels : achats rares mais réguliers dans leur rareté (par exemple un cadeau deux fois par an), pas nécessairement à risque.

Un même client change de segment au fil du temps : un « nouveau » devient « régulier » ou reste occasionnel, un « régulier » peut glisser vers « à risque » sans qu'on s'en aperçoive si personne ne relit le fichier.

Une offre adaptée à chaque segment

Chaque segment appelle un objectif différent, donc une offre différente : la même remise envoyée à tout le fichier a moins d'effet qu'une offre pensée pour la situation du client. Un bon ciblage clients ne demande pas six offres compliquées à concevoir en même temps : une par segment, simple et cohérente avec ce que vous vendez déjà, suffit pour commencer.

Segment Objectif Exemple d'offre (fictif)
Nouveaux Donner envie de revenir vite Tampon de bienvenue offert dès la première visite
Réguliers Maintenir le rythme actuel Petit rappel avant leur date habituelle de passage
Meilleurs clients Remercier, sans les sursolliciter Accès en avant-première à une nouveauté
À risque Réactiver avant qu'ils ne partent Message personnalisé avec un avantage limité dans le temps
Perdus Tenter une dernière relance Offre plus marquée, envoyée une seule fois
Occasionnels Rester présent sans forcer Actualité légère, sans sollicitation commerciale fréquente

Ces exemples restent des pistes : l'essentiel est que chaque segment reçoive un message pensé pour sa situation, pas une déclinaison cosmétique du même texte. Inutile aussi de traiter les six segments le même mois : beaucoup de commerces commencent par les « meilleurs clients » et les « à risque », les deux groupes où une action rapide change le plus les choses, avant d'étendre le ciblage clients aux autres profils.

Exemple fictif : une boutique de vêtements distingue ses 30 meilleures clientes par montant cumulé sur l'année et leur envoie une invitation privée avant les soldes, deux jours avant l'ouverture au public. Le reste du fichier reçoit l'annonce classique le jour J, sans traitement particulier ni frustration créée par une offre non pertinente.

Mettre en place la segmentation client avec votre carte de fidélité

Une carte de fidélité numérique calcule une partie du travail RFM toute seule, à chaque passage en caisse, sans ressaisie dans un tableur. Klienty, solution française de cartes de fidélité pour Apple Wallet et Google Wallet, affiche par exemple le nombre de visites et la date du dernier passage pour chaque carte : deux des trois critères de la méthode RFM sont déjà prêts.

Pour le montant, il suffit de saisir le total du ticket à chaque passage si votre outil le permet ; sinon, le nombre de tampons ou de récompenses obtenues donne une approximation suffisante pour un commerce de proximité. Certaines solutions, dont Klienty en offre Pro, relancent aussi automatiquement les clients dès qu'ils entrent dans le segment « à risque », sans action manuelle chaque semaine.

Concrètement, la mise en place tient en trois étapes :

  1. Trier le fichier par date de dernier achat pour repérer les clients « à risque » et « perdus ».
  2. Trier par fréquence ou montant cumulé pour identifier les « meilleurs clients ».
  3. Préparer une offre courte pour chaque groupe, et programmer son envoi.

Cette mise en place n'a pas besoin d'être parfaite dès le premier mois. Beaucoup de commerces commencent par un seul segment, généralement « à risque » ou « meilleurs clients », avant d'étendre la démarche une fois le premier envoi testé. Le fichier s'affine ensuite tout seul : chaque nouvelle visite met à jour la récence et la fréquence, et un client change de segment sans ressaisie de votre part.

Conclusion

Segmenter sa clientèle ne demande ni logiciel coûteux ni fichier immense : la méthode RFM et six segments suffisent à transformer un fichier client en outil d'action. Le plus dur n'est pas de calculer les segments, mais de préparer une offre différente pour chacun et de tenir le rythme du tri.

Composez une carte de fidélité pour votre commerce qui enregistre automatiquement la récence et la fréquence de vos clients : la matière première de toute segmentation client, sans ressaisie de votre part.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la segmentation RFM ?

La segmentation RFM classe vos clients selon trois critères : la récence de leur dernier achat, la fréquence de leurs visites, et le montant qu'ils dépensent. Combinés, ces trois axes suffisent à distinguer un client fidèle d'un client qui s'éloigne, sans outil complexe ni logiciel spécialisé.

Combien de segments créer ?

Comptez-en six pour commencer : nouveaux, réguliers, meilleurs clients, à risque, perdus et occasionnels. Ce nombre couvre la plupart des situations d'un commerce de proximité sans devenir ingérable au quotidien. Rien n'empêche d'en fusionner certains si votre fichier compte moins de quelques centaines de clients.

Peut-on segmenter sans logiciel ?

Oui. Un tableur suffit pour trier un fichier de quelques centaines de clients par date de dernier achat, nombre de visites et montant total dépensé. Un logiciel ou une carte de fidélité numérique automatisent ensuite ce tri à mesure que le fichier grandit, sans que ce soit obligatoire au départ.

Quel segment faut-il traiter en priorité ?

Priorisez les clients « à risque » : ils achetaient encore récemment, mais leur fréquence commence à baisser. Une relance à ce moment coûte moins cher et fonctionne mieux qu'une tentative de réactiver un client déjà « perdu » depuis longtemps, dont l'intérêt s'est souvent déjà déplacé ailleurs.

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Ken Guerino

Fondateur de Klienty

Ken Guerino a créé Klienty pour que les commerces de proximité puissent proposer une carte de fidélité dans Apple Wallet et Google Wallet, sans application ni matériel. Il écrit sur la fidélisation client, le marketing local et les outils du commerce indépendant.

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